Alors que l’incendie qui ravage la Gironde depuis le 22 juillet continue de mobiliser d’importants moyens de secours, ses conséquences économiques restent considérables. Quelque 61 500 salariés demeurent dans l’incapacité de travailler en raison des fermetures d’entreprises provoquées par le sinistre, a annoncé ce jeudi le ministre de l’Économie, Roland Lescure.
Au total, 19 500 établissements restent fermés dans le département, contre 23 000 lors du dernier bilan. Cette amélioration a toutefois permis à près de 4 000 entreprises de reprendre leur activité, offrant à environ 20 000 salariés la possibilité de retrouver leur emploi.
Invité de France Inter, Roland Lescure a salué cette évolution, estimant qu’elle constituait une «bonne nouvelle» et témoignait du fait que l’incendie «commence à être maîtrisé». Le ministre a néanmoins rappelé que le feu était encore «loin d’être éteint», quelques heures avant une nouvelle réunion de crise organisée à Bercy.
Des mesures d’urgence pour soutenir les entreprises
Face aux difficultés rencontrées par les acteurs économiques, le gouvernement privilégie des mesures destinées à préserver la trésorerie des entreprises les plus touchées. Les salariés empêchés de travailler peuvent bénéficier du dispositif d’activité partielle, y compris les travailleurs saisonniers ayant déjà signé leur contrat.
Les entreprises ont également la possibilité de demander le report de leurs échéances fiscales et sociales. Le ministre a par ailleurs appelé les établissements bancaires à différer les remboursements de prêts et à faciliter l’accès à des financements de trésorerie afin d’accompagner la reprise de l’activité.
Du côté des assureurs, des engagements ont été pris pour prolonger les délais de déclaration des sinistres, accélérer les expertises et verser plus rapidement les indemnisations.
Les travailleurs indépendants ne sont pas oubliés. Ils peuvent désormais bénéficier d’une aide exceptionnelle pouvant atteindre 8 000 euros auprès de leur régime de protection sociale, contre un plafond habituel fixé à 2 000 euros.
Un soutien ciblé plutôt qu’un dispositif généralisé
Si l’État promet un accompagnement exceptionnel, Roland Lescure a exclu, à ce stade, la mise en place d’un dispositif comparable au « quoi qu’il en coûte » instauré durant la crise sanitaire du Covid-19.
« Il faut des dispositifs exceptionnels, mais bien ciblés », a déclaré le ministre, estimant que les besoins varient selon les secteurs d’activité. Le tourisme, le commerce et les activités saisonnières figurent parmi les domaines qui devraient bénéficier d’une attention particulière.
Déclaré le 22 juillet à Saumos, l’incendie a déjà détruit près de 42 000 hectares de végétation et provoqué d’importantes évacuations. Si plusieurs habitants et professionnels ont pu regagner les zones désormais sécurisées, une partie importante de l’activité économique demeure encore fortement perturbée, dans l’attente d’un retour progressif à la normale.
TV-A avec aa.com
