La tension entre les États-Unis et l’Iran est à son paroxysme depuis que Donald Trump a menacé de procéder à des frappes destructrices contre la République islamique si celle-ci refuse de s’asseoir à la table des négociations. Cependant, ces menaces ne semblent pas ébranler le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui affirme être prêt à une confrontation qu’il juge inévitable et potentiellement dévastatrice.
Aujourd’hui, les capacités militaires de l’armée iranienne dépasseraient largement les estimations occidentales. La guerre dite «des douze jours» a permis au monde arabe de constater que l’Iran est fortement équipé et dispose d’un matériel militaire moderne capable de destructions massives. Malgré le «Dôme de fer», présenté comme un bouclier antimissile et un ange protecteur d’Israël, l’Iran est parvenu à mettre en difficulté l’État hébreu, lui infligeant une humiliation sanglante, alors même que Téhéran n’aurait utilisé que moins de 30 % de sa capacité militaire. Aujourd’hui, de nombreux spécialistes estiment que l’Iran dispose déjà de l’arme nucléaire. Les autorités iraniennes, tout en restant prudentes, affirment qu’en moins de 24 heures, le pays serait capable de fabriquer une arme nucléaire si la décision politique était prise.
L’Iran, une puissance économique
L’Iran n’est pas seulement une puissance militaire capable de menacer Israël ; il est également une puissance économique régionale. Malgré les sanctions américaines, le pays est parvenu à se relever. Il disposerait aujourd’hui de l’un des PIB les plus importants du Moyen-Orient, avec un taux d’endettement estimé à 2,5 %. L’Iran, avec un PIB de 990 milliards de dollars (PPA, 2011), se place au deuxième rang de la région (derrière la Turquie), et avec un PIB de 482 milliards de dollars (nominal, 2011), se place au troisième rang de la région (derrière la Turquie et l’Arabie saoudite)
Pays producteur de pétrole, l’Iran s’est tourné vers l’Est, avec la Chine et la Russie comme partenaires stratégiques. Grâce à l’exploitation de ses ressources et au savoir-faire de ses ingénieurs, le pays a réussi à se hisser parmi les grandes puissances régionales.
Ainsi, affaiblir ou perdre l’Iran reviendrait à remettre en cause les intérêts économiques chinois et russes, concurrents directs des États-Unis. C’est pourquoi ni Vladimir Poutine ni Xi Jinping n’envisagent d’abandonner Téhéran à Washington. Ce partenaire stratégique, situé au cœur d’une zone produisant près de 20 % du pétrole mondial, contrôle également le détroit d’Ormuz, principale voie maritime du commerce pétrolier mondial, qui demeure un enjeu majeur à protéger. Cette situation explosive, à laquelle le peuple perse est historiquement habitué, fait planer le risque d’un embrasement du Moyen-Orient pouvant conduire à une guerre asymétrique aux conséquences imprévisibles.
Les alliés lâchent Trump
L’Arabie saoudite, alliée traditionnelle des États-Unis et longtemps bras armé de Washington dans les pays du Golfe, commence à prendre ses distances face à la stratégie belliqueuse de Donald Trump. L’Iran dispose de forces et de groupes alliés dans plusieurs pays de la région, capables de semer le chaos dans les États du Golfe, un secret de polichinelle. Or, ces pays ont massivement investi dans le tourisme et la stabilité régionale. Une guerre réduirait ces investissements à néant. Face aux risques de pertes économiques incalculables, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Turquie et l’Arabie saoudite refusent qu’une attaque contre l’Iran débouche sur une instabilité irréversible. D’autant plus que l’expérience montre que les États-Unis laissent souvent derrière eux des pays dévastés, plongés dans de longues années de guerre longues après leur retrait.
