Dans un contexte mondial marqué par la crise énergétique, perdre un allié de taille revient à compromettre son avenir, surtout lorsque l’on dispose de matières premières stratégiques. En réponse à la résolution du Parlement de l’Union européenne du 12 mars, qui demande la libération de l’ancien président Mohamed Bazoum et la tenue d’élections, la réaction de la Confédération des États du Sahel (AES) ne s’est pas fait attendre.
Pour la Confédération, cette déclaration relève ni plus ni moins du néocolonialisme. « Cette résolution, aux relents néocolonialistes, constitue une ingérence intolérable dans les affaires intérieures d’un État souverain. Elle est motivée uniquement par un paternalisme rétrograde et la nostalgie d’un passé colonial qui érode tout bon sens du jugement », condamne l’AES.
Selon la Confédération, ce comportement de l’Europe, dominé par une politique sélective et malveillante, constitue un travers dont elle et ses relais ne pourront se défaire tant qu’une opposition ferme des États souverains ne s’y opposera pas. Forte de ce constat, la Confédération des États du Sahel exige que le Parlement européen cesse de s’immiscer délibérément dans les affaires internes d’un État souverain, avec pour seules motivations un « paternalisme rétrograde » et la nostalgie du colonialisme.
« L’AES dénonce la sélectivité et la malveillance de l’Europe, qui reste silencieuse sur les violations du droit international commises par certains (allusion à l’enlèvement d’un chef d’État et à l’assassinat d’un leader religieux); la crise sécuritaire que subit le Sahel depuis une décennie, ainsi que les attaques contre les civils. En tout état de cause, l’AES affirme ne pas avoir de leçons de gouvernance à recevoir de l’Europe et que cette résolution ne saurait en aucun cas influencer sa trajectoire», martèle le document.
L’AES invite enfin les initiateurs de cette résolution à se concentrer sur leurs propres crises, plutôt que de relayer des informations erronées sur le Sahel, tout en cherchant à rétablir un système ancien servant les intérêts d’une ancienne puissance coloniale.
André TV-A
