Bamako, 9 juillet 2026 – Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, ce jeudi au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le projet de loi portant organisation générale de la défense et de la sécurité. La séance plénière était présidée par le président de l’organe législatif, le Général de corps d’armée Malick Diaw.
Cette réforme vise à moderniser le cadre juridique de la défense nationale en remédiant aux insuffisances constatées dans l’application de la loi n°04-051 du 23 novembre 2004. Elle entend également rétablir les bases de l’organisation militaire conformément aux dispositions de la Constitution en vigueur, tout en adaptant le dispositif national aux nouveaux défis sécuritaires.
Selon le rapport de la Commission défense nationale du CNT, chargée de l’examen du texte, cette relecture constitue une réforme structurante destinée à harmoniser le cadre juridique de la défense et de la sécurité avec les évolutions de l’environnement sécuritaire, géopolitique et géostratégique. Engagée depuis février 2020 sous la coordination du secrétaire permanent du Conseil de sécurité nationale, la réforme corrige des insuffisances identifiées et attribue de nouvelles responsabilités aux autorités civiles et militaires.
Parmi les principales innovations figurent l’intégration de la sécurité intérieure et de la cyberdéfense dans le dispositif national de sécurité, ainsi qu’une meilleure répartition des responsabilités entre le Président de la République, le gouvernement et les ministres concernés. Le texte consacre également l’unicité du commandement opérationnel autour du chef d’état-major général des Armées dans le cadre de la défense opérationnelle du territoire.
Le projet de loi prévoit en outre la création du Conseil de sécurité nationale et du Comité de défense nationale, appelés à remplacer le Conseil supérieur de défense et le Comité de défense nationale. Ces nouvelles instances auront pour mission d’assurer l’orientation stratégique et la coordination des politiques de défense et de sécurité sous l’autorité du Président de la République.
La réforme entend également renforcer la gouvernance stratégique en clarifiant les responsabilités des différents acteurs institutionnels et en favorisant une meilleure coordination entre les administrations publiques, les forces de défense et de sécurité, les collectivités territoriales, les services déconcentrés de l’État, la société civile et les populations.
Le rapport met particulièrement en avant le rôle désormais confié au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, chargé de préparer, coordonner et mettre en œuvre la défense civile, tout en mobilisant les collectivités territoriales et les populations autour des enjeux de sécurité nationale.
Le ministère des Affaires étrangères voit également ses attributions renforcées. Il sera désormais responsable de la mise en œuvre, sur le plan diplomatique, des orientations de la Politique de sécurité nationale, de l’animation de la coopération en matière de sécurité ainsi que de la planification et de la coordination de la gestion des crises extérieures avec les départements ministériels concernés.
Le texte précise par ailleurs que tout accord de défense ou de sécurité devra désormais respecter trois principes directeurs de l’action publique : la préservation de la souveraineté du Mali, le respect de ses choix stratégiques en matière de partenariat et la défense des intérêts du peuple malien.
Présentant le projet devant les membres du CNT, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, a estimé que la révision de la loi s’imposait après plus de vingt ans d’application, en raison notamment de l’évolution du contexte sécuritaire et des nouvelles menaces auxquelles le pays est confronté.
À l’issue des débats, le projet de loi a été adopté à l’unanimité des 125 membres votants du Conseil national de Transition, marquant une nouvelle étape dans la réforme du secteur de la défense et de la sécurité au Mali.
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