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Ouganda : le général Muhoozi Kainerugaba annonce la libération d’Erias Lukwago après l’intervention de son épouse

Kampala – Une nouvelle controverse secoue la scène politique ougandaise après l’arrestation puis la libération annoncée d’Erias Lukwago, figure de l’opposition, avocat constitutionnaliste et ancien maire de Kampala. L’affaire met une nouvelle fois en lumière les critiques visant l’influence croissante du général Muhoozi Kainerugaba, chef des forces armées ougandaises et fils du président Yoweri Museveni.

 Erias Lukwago a été arrêté à son domicile par des militaires alors qu’il s’apprêtait à faire notifier une convocation en justice au général Muhoozi Kainerugaba dans le cadre d’un différend judiciaire. Peu après son arrestation, une photographie le montrant les yeux bandés et les mains attachées a été diffusée sur le réseau social X par le chef de l’armée lui-même, suscitant une vague d’indignation dans le pays.

La situation a pris une tournure inhabituelle lorsque le général Muhoozi Kainerugaba a annoncé la remise en liberté de l’opposant. Dans un message publié sur X, il a attribué sa décision à l’intervention de son épouse : « Ma bien-aimée Charlotte m’a convaincu de libérer le criminel Lukwago. Je le libérerai par amour pour elle. »

Cette déclaration a alimenté les critiques de nombreux observateurs qui dénoncent une personnalisation croissante du pouvoir en Ouganda. Le fait qu’une privation de liberté puisse être présentée comme dépendant d’une décision personnelle plutôt que d’une procédure judiciaire régulière soulève de sérieuses interrogations sur l’État de droit dans le pays.

Au pouvoir depuis près de quatre décennies, le président Yoweri Museveni est régulièrement accusé par ses opposants de concentrer les leviers de l’État entre les mains de son entourage familial et politique. Son fils, le général Muhoozi Kainerugaba, est devenu au fil des années l’une des personnalités les plus influentes du pays, multipliant les prises de position controversées sur les réseaux sociaux.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes en Ouganda, où les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement les arrestations arbitraires, les intimidations visant les opposants et les restrictions des libertés publiques.

Pour certains observateurs, les images de l’ancien maire de Kampala en détention rappellent des épisodes sombres de l’histoire politique ougandaise. Le pays garde notamment le souvenir du régime d’Idi Amin, dont la dictature, entre 1971 et 1979, fut marquée par de graves violations des droits humains et des milliers de morts.

TV-A

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