Au Rwanda, les institutions compétentes travaillent conjointement sur un projet de loi visant à protéger les mineurs des contenus nocifs, de la cyberintimidation et de l’exploitation en ligne. Les détails de cette future loi sont encore en cours d’élaboration, notamment en ce qui concerne les modalités d’application des limites d’âge et les responsabilités des entreprises de médias sociaux pour en assurer le respect.
L’information, annoncée par la ministre des TIC, Paula Ingabire, en avril 2026, s’inscrit dans une volonté de protéger les enfants contre les contenus inadaptés et les effets nocifs sur leur développement. Selon le journal wearetech.africa, la future réglementation viserait à empêcher les mineurs de créer des comptes ou d’accéder à des contenus sur des plateformes telles que Facebook, Instagram ou encore YouTube.
La mise en œuvre reposerait sur une collaboration entre les fournisseurs d’accès à Internet, les plateformes numériques et les parents, avec en perspective l’appui d’un système national d’identification numérique pour vérifier l’âge des utilisateurs.
Pour justifier une telle décision, la ministre souligne que cette démarche repose sur des constats précis. Une étude nationale révèle que 46 % des écoliers accèdent déjà aux services numériques via des téléphones mobiles, souvent sans encadrement parental. Par ailleurs, entre 30 % et 35 % des élèves déclarent rencontrer des difficultés liées à l’usage des réseaux sociaux, notamment des troubles de l’attention ou des formes d’anxiété associées à la consommation de contenus en ligne.
Cette initiative ne constitue pas une mesure isolée. Elle s’appuie sur un cadre réglementaire déjà existant, notamment la politique nationale de protection de l’enfance en ligne adoptée en 2025, qui prévoit le renforcement de la surveillance des contenus numériques ainsi que la collaboration avec les fournisseurs d’accès et les plateformes pour limiter les contenus préjudiciables.
Le pays dispose par ailleurs d’un arsenal juridique incluant des lois sur la cybersécurité et la protection des données, avec des dispositions spécifiques pour les mineurs de moins de 16 ans.
André TV-A
