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Sénégal : nouvelle audition de Farba Ngom, entre reddition des comptes et réduction des comptes

Le maire de la commune d’Agnam (une commune située au nord-est du Sénégal à 600 km de Dakar) et bras droit de l’ancien président Macky Sall est poursuivi dans le cadre de la traque des biens mal acquis. Il a été inculpé et placé en détention par le Pool judiciaire financier. Farba Ngom est soupçonné d’infractions financières à la suite de la publication d’un rapport de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières). Alors qu’il devait bénéficier d’une liberté provisoire, à l’instar de son codétenu Tahirou Sarr, gendre de l’ancien président, libéré le responsable de la mobilisation de l’APR a été de nouveau inculpé dans un autre dossier. Il lui est reproché la détention de deux téléphones portables, lui permettant de maintenir un lien avec l’extérieur tout en étant en prison. Un délit puni par loi

Mais au-delà des poursuites judiciaires, l’affaire Farba Ngom met une nouvelle fois en lumière les divergences d’orientation politique au sein du pouvoir. Comme promis durant la campagne électorale, la reddition des comptes constituait l’un des principaux mots d’ordre. Pourtant, depuis son accession à la magistrature suprême, les actes posés par le président Bassirou Diomaye Faye peinent à conforter les attentes en matière de transparence et de lutte contre la délinquance financière. Au nom de la réconciliation nationale, un dialogue politique a été organisé. Depuis lors, le processus est perçu comme un échec. Les poursuites ont été rares et plusieurs personnes arrêtées ont rapidement retrouvé la liberté, suscitant une profonde désillusion chez les partisans de la bonne gouvernance. S’agissant des meurtres et actes de torture commis entre 2021 et 2024, aucun acte judiciaire majeur n’a véritablement été posé. À ce jour, la seule personne inculpée est Jérôme Bandiaky alias sniper, pour l’assassinat des deux sous-officiers supérieurs Gilbert Sambou et Didier Badji. Ni les complices présumés ni les commanditaires n’ont été inquiétés jusque-là.

Cette posture du président Bassirou Diomaye Faye est interprétée par certains observateurs comme le résultat d’une ambition de second mandat. Selon ses détracteurs, il chercherait à décrédibiliser son ancien mentor, Ousmane Sonko, aux yeux de l’opinion publique. De fait, ni la traque des délinquants en col blanc ni la poursuite des auteurs de crimes et de tortures n’ont connu d’avancées notables. Pire encore, le débat public est souvent pollué par des insultes visant Ousmane Sonko. Le président est ainsi accusé de nourrir un plan visant à fragiliser le leader de PASTEF afin de légitimer une candidature en 2029. Ce plan semblant rencontrer des résistances, il se tournerait désormais vers l’opposition, dans l’espoir d’y trouver un nouvel appareil politique lui permettant de consolider son assise. Il serait alors contraint de mener une politique de concessions, afin d’obtenir le soutien de ses anciens adversaires. Dans cette dynamique, le président userait de son pouvoir contre ses anciens frères de parti, qu’il a publiquement défiés, en violation du règlement intérieur de PASTEF. Celui-ci stipule en effet qu’est considéré comme auto-exclu tout membre appartenant à un autre parti politique, formant un mouvement politique ou adhérant à une coalition dont PASTEF n’est pas membre. Avec la création du mouvement « Diomaye Président », version  Aminata Touré, le chef de l’État a ainsi posé un acte perçu comme une rupture et une défiance à l’égard de ses anciens camarades politiques. Avec cette stratégie du gouvernement, Sonko est pusse le président et le met devant ses responsabilité surtout qu’il avait dénoncé le «manque d’autorité». Avec cette nouvelle posture du président Diomaye soupçonné de sacrifier les efforts d’un peuple au profit d’un pouvoir, il sera très difficile de se départir d’une image d’une personne ayant trahi le vote de ses compatriotes

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