Le président sortant et candidat du parti au pouvoir, Yoweri Museveni, a ordonné la coupure d’Internet quelques heures avant les élections présidentielles. Face à cette situation, le principal opposant accuse le chef de l’État de vouloir truquer les résultats du scrutin prévu le 15 janvier 2026.
Internet joue un rôle central dans la mobilisation politique, notamment auprès des jeunes, et permet également l’observation citoyenne des élections. L’opposition craint que le régime ne cherche à frauder et à réprimer la population en cas de dénonciation d’irrégularités. Le candidat du parti National Unity Platform (NUP), Robert Kyagulanyi Ssentamu, dit Bobi Wine, principal challenger de Yoweri Museveni, dénonce déjà un climat de forte intimidation. «Le régime criminel a annoncé une fermeture d’Internet à partir de 18h aujourd’hui, avant les élections » a-t-il posté hier.
Âgé de 43 ans, celui que l’on surnomme encore le « Ghetto President » ou le « Président du peuple », longtemps connu pour ses dreadlocks et ses chansons d’amour dans les clubs de la capitale, affiche aujourd’hui le visage grave d’un homme ayant frôlé la mort et connu la prison. Sous son béret rouge, symbole du mouvement People Power, Robert Kyagulanyi porte les stigmates d’une lutte politique toujours en cours. Durant la campagne électorale, malgré les interdictions et la répression exercée par les forces de l’ordre, ses partisans n’ont pas été découragés et ont réussi à organiser des mobilisations massives à travers le pays.
De son côté, le président sortant Yoweri Museveni, leader du Mouvement de résistance nationale (NRM), au pouvoir depuis 1986 et candidat à un septième mandat consécutif, rejette fermement ces accusations. Ses partisans soutiennent que l’accès à Internet n’a pas été coupé, affirmant que les perturbations observées seraient dues à une saturation du réseau.
En Ouganda, le président de la République est élu au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans, sans limitation du nombre de mandats. Est élu au premier tour le candidat ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui qui obtient le plus grand nombre de voix est déclaré élu
