L’ancien président sénégalais Macky Sall voit son bilan à la tête du Sénégal s’imposer comme l’un des principaux sujets de débat autour de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Alors que la succession de l’actuel secrétaire général est engagée, les événements survenus entre 2021 et 2024, marqués par une forte répression des manifestations et de nombreuses arrestations, pourraient peser sur ses ambitions internationales. En parcourant le site officiel des nations unies, Macky Sall est présenté comme un ancien dictateur qui n’est pas en mesure de respecter les droits de l’homme.
Au-delà de la question de son bilan, la candidature de Macky Sall fait également face à un obstacle d’ordre diplomatique. Selon le principe informel de rotation régionale qui guide traditionnellement le choix du secrétaire général, le prochain titulaire du poste devrait provenir du Groupe de l’Amérique latine et des Caraïbes (GRULAC). Macky Sall est le seul candidat issu d’une autre région, ce qui réduit ses chances d’être désigné.
Les droits humains au cœur des interrogations
Le parcours de l’ancien chef de l’État est particulièrement scruté en raison de la crise politique qui a secoué le Sénégal durant son second mandat. Les organisations de défense des droits humains ont documenté des décès lors des manifestations, des arrestations de responsables de l’opposition, de journalistes et de militants, ainsi que de nombreuses détentions qu’elles jugent arbitraires.
Dans le cadre du processus de sélection des candidats au secrétariat général, une question portant sur ce bilan lui a notamment été adressée : «Pendant votre présidence, les forces de sécurité du Sénégal ont tué des manifestants, des journalistes ont été emprisonnés, des personnalités de l’opposition ont été emprisonnées et des milliers de personnes ont été arbitrairement détenues. Pourquoi le monde devrait-il confier le bureau du Secrétaire général à quelqu’un dont le propre gouvernement a été accusé de violer les droits de l’homme mêmes que l’ONU existe pour protéger ? »
Cette question illustre les critiques auxquelles l’ancien président est confronté concernant son action en matière de libertés publiques et de respect des droits fondamentaux.
Selon plusieurs organisations de défense des droits humains et des acteurs de l’opposition sénégalaise, la période 2021-2024 a été marquée par plus de 80 morts lors de manifestations, plusieurs milliers d’arrestations et un nombre important de blessés. Les autorités de l’époque avaient, pour leur part, justifié leurs actions par la nécessité de maintenir l’ordre public face à des violences.
Une candidature au parcours diplomatique complexe
La candidature de Macky Sall a d’abord été soutenue par le Burundi avant que le Sénégal ne décide finalement de lui apporter son appui en juillet. En revanche, l’Union africaine n’a pas réussi à dégager un consensus autour de son nom lit-on sur le site.
Au Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, les équilibres géopolitiques seront déterminants. À ce stade, aucune puissance n’a officiellement annoncé son intention d’opposer son veto à la candidature de l’ancien président sénégalais mais ses relations passées avec plusieurs grandes puissances pourraient compliquer son parcours.
Concernant la Chine, les relations bilatérales ont été affectées par les difficultés financières rencontrées par le Sénégal en fin de mandat, notamment dans un contexte de hausse de l’endettement public et de ralentissement de certains projets d’infrastructures financés par Pékin. Macky avait berné XI Jin Ping en promettant ne pas dépasser le seuil d’endettement de 75% imposé par les normes de l’UEMOA. Malheursement, il n’a tenu promesse car il a surendetté le Sénégal avec 128% (rapport Mazars)
S’agissant de la Russie, les suites de la mission menée par Macky Sall en tant que président en exercice de l’Union africaine au sujet des exportations de céréales pendant la guerre en Ukraine. Alors que la Russie avait débloqué le transit pour ravitailler l’Afrique une partie a été détourné pour être acheminé ver l’Europe. Il y a aussi les tensions diplomatiques apparues à la suite de certaines prises de position de l’ancien président sénégalais sur la transition politique au Burkina Faso. Lors du sommet Russie et Chine, Macky Sall a refusé une photo avec Ibrahima Traoré soutenant qu’il ne prendrait pas une photo avec un putschiste ceci après avoir échoué de convaincre le burkinabé de revenir sous le giron français menaçant les intérêts russes. Et pour les Etats Unis, Trump lui a fermé les portes ce qui semble être déjà un choix
Malgré son expérience internationale, acquise notamment à la présidence de l’Union africaine, Macky Sall devra donc convaincre qu’il peut incarner les valeurs de la Charte des Nations unies, alors que son bilan national continue d’alimenter le débat. Entre les considérations géopolitiques, la rotation régionale et les critiques portant sur les droits humains, sa candidature apparaît comme l’une des plus controversées de cette course au secrétariat général.
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