Doha – Une avancée diplomatique majeure semble se dessiner entre les États-Unis et l’Iran. Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi soir la conclusion d’un accord avec Téhéran visant à mettre fin à l’état de guerre dans la région et à ouvrir la voie à de nouvelles négociations sur le programme nucléaire iranien.
Dans le même temps, les autorités iraniennes ont confirmé pour la première fois l’existence de progrès significatifs dans les discussions. Selon Téhéran, « les États-Unis ont accepté le projet de texte envoyé par l’Iran », une évolution qui marque un tournant dans des négociations longtemps bloquées.
Selon des sources diplomatiques bien informées citées par le média Al Manar, la percée est intervenue jeudi après-midi à Doha, au Qatar. Les discussions auraient été conduites sous la supervision du Premier ministre qatari, Mohammed ben Abderrahmane Al Thani, avec la participation d’un haut responsable iranien spécialement dépêché dans l’émirat ainsi que d’un émissaire de premier plan représentant le président américain.
Un accord au-delà du simple cessez-le-feu
Les informations disponibles indiquent que l’accord envisagé ne se limite pas à un arrêt temporaire des hostilités. Il prévoit l’ouverture d’un processus visant à mettre fin à l’état de guerre dans le Golfe et dans l’ensemble de la région. Selon les mêmes sources, Washington aurait validé le principe d’une cessation durable des opérations militaires plutôt qu’un simple cessez-le-feu.
Le Qatar aurait également joué un rôle central dans la résolution du dossier sensible des avoirs iraniens gelés à l’étranger. Une formule de compromis a été élaborée afin de permettre à l’Iran de récupérer une partie de ses fonds tout en évitant une controverse politique pour l’administration américaine.
Le Liban inclus dans les discussions
La question libanaise figure également parmi les éléments clés du futur accord. Le quotidien libanais Al-Akhbar rapporte que l’Iran aurait obtenu des garanties américaines confirmant que le Liban est inclus dans le dispositif négocié.
Selon ces informations, Donald Trump se serait entretenu à trois reprises avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au sujet de ce volet. Le projet prévoit non seulement l’arrêt des opérations militaires, mais aussi un calendrier accéléré de retrait israélien du Liban, l’arrêt des destructions et des opérations de nivellement, ainsi que la libération de prisonniers.
Le président américain a indiqué qu’il s’attendait à une signature officielle de l’accord en Europe avant la fin de la semaine.
La prudence de Téhéran
Malgré ces annonces, les responsables iraniens continuent d’afficher une certaine réserve écrit Press Tv. Les autorités de la République islamique rappellent les précédents différends avec Washington, notamment le retrait américain de l’accord nucléaire de 2015 sous la première administration Trump. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les principaux volets d’un éventuel accord étaient désormais « presque finalisés », tout en dénonçant les contradictions de la politique américaine. « Sur le plan textuel, le texte est quasiment finalisé dans ses grandes parties. Le problème, c’est que les positions contradictoires des États-Unis ont toujours engendré des turbulences et des perturbations dans ce processus », a-t-il affirmé lors d’une interview accordée le 12 juin.
Le responsable iranien a également rejeté certaines spéculations médiatiques concernant le contenu final de l’accord, tout en réaffirmant la position « résolue et de principe » de son pays dans les négociations.
Si l’accord est effectivement signé dans les prochains jours, il pourrait constituer l’une des plus importantes avancées diplomatiques au Moyen-Orient depuis plusieurs années. Au-delà de la relance du dialogue nucléaire entre Washington et Téhéran, il ouvrirait la perspective d’une désescalade régionale impliquant plusieurs acteurs clés du Golfe et du Levant.
Reste désormais à savoir si les engagements annoncés seront traduits en actes concrets et durables, dans un contexte marqué par des années de tensions, de conflits indirects et de méfiance mutuelle entre les deux puissances.
TV-A
