Accra – La colère gronde au Ghana après une nouvelle vague de violences xénophobes visant des ressortissants étrangers noirs en Afrique du Sud. Face aux attaques répétées contre des migrants africains, des milliers de Ghanéens sont descendus dans les rues d’Accra pour exiger des mesures de réciprocité à l’encontre des intérêts sud-africains présents dans leur pays.
Jeudi, rapporte le site d’information SaharaReporters, des manifestants regroupés sous la bannière de la campagne «South Africa Must Go» ont organisé une marche vers le siège de MTN Ghana, principal opérateur de télécommunications du pays et filiale du groupe sud-africain MTN. Les protestataires ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme l’inaction des autorités sud-africaines face aux agressions visant des ressortissants africains, notamment des Ghanéens vivant sur le territoire sud-africain.
Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants brandissant des pancartes et scandant des slogans hostiles à la présence économique sud-africaine au Ghana. Plusieurs participants ont appelé au départ des entreprises sud-africaines, estimant que les ressortissants de ce pays bénéficient d’opportunités économiques au Ghana alors que des migrants africains sont victimes de violences et de discriminations en Afrique du Sud.
Face à la dégradation de la situation, les autorités ghanéennes ont lancé une opération d’évacuation d’urgence de leurs ressortissants. Près de 1 000 citoyens ghanéens bloqués en Afrique du Sud ont ainsi été rapatriés vers leur pays d’origine.
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé sur les réseaux sociaux l’arrivée des évacués à Accra. Selon lui, le gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires pour accueillir les ressortissants de retour et leur apporter l’assistance requise.
Cette nouvelle crise ravive les tensions récurrentes entre plusieurs pays africains et l’Afrique du Sud, régulièrement confrontée à des flambées de violences xénophobes visant des migrants originaires du continent. Alors que les appels à la solidarité africaine se multiplient, de nombreux observateurs s’inquiètent des conséquences diplomatiques et économiques que pourraient entraîner ces mouvements de protestation dans la région.
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