Les actes de xénophobie commis par des Sud-Africains noirs contre des migrants subsahariens commencent à prendre une tournure inquiétante, susceptible d’aboutir à une crise diplomatique si l’État sud-africain n’y prend pas garde. Les ressortissants ghanéens, victimes de ces violences, ont poussé leurs autorités à réagir.
Ce jeudi, le Ghana a convoqué le haut-commissaire par intérim de l’Afrique du Sud, Thando Dalamba, afin d’obtenir des explications sur le harcèlement dont a été victime un ressortissant ghanéen, pris à partie par un groupe anti-immigration. Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a déclaré que le Ghana s’opposait fermement à toute forme d’intimidation et de harcèlement visant ses citoyens ainsi que d’autres ressortissants africains.
Cette affaire fait suite à la diffusion de vidéos devenues virales, montrant des militants sud-africains confrontant un migrant ghanéen dans un quartier du pays, lui demandant de présenter ses papiers avant de remettre en cause sa présence sur le territoire. L’échange, filmé en pleine rue, a rapidement enflammé les réseaux sociaux.
Dans cette séquence, une militante connue sous le nom de Queen Vee (Victoria Africa) tient un discours ferme à l’encontre du migrant ainsi que d’autres ressortissants africains installés dans le pays. Elle affirme que « le système de migration entre pays africains ne fonctionne plus » et appelle les étrangers à « résoudre les problèmes de leurs propres pays », déclarant notamment : « Nous ne voulons pas de vous ici ».
Ses propos, jugés particulièrement durs, s’inscrivent dans un discours plus large critiquant la présence de migrants africains en Afrique du Sud, tout en revendiquant une forme de priorité nationale dans un contexte de tensions sociales et économiques.
La vidéo a suscité une vive controverse en ligne. Une partie des internautes soutient le message des militants, tandis qu’une autre dénonce une dérive xénophobe et rappelle que la libre circulation des Africains sur le continent reste un sujet sensible et complexe. Certains commentaires évoquent également des tensions similaires dans d’autres pays africains.
André TV-A
