Entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, ce n’est plus le grand amour car le creuset entre les deux hommes s’approfondit de jour en jour. Les deux hommes n’ont plus la même vision ni les mêmes ambitions.
Le président Diomaye Faye aurait reçu nuitamment l’ancien Premier ministre Amadou Ba, candidat malheureux de la mouvance présidentielle en 2024, a révélé le député Sérigne Bara Ndiaye sur sa page Facebook. La tenue de cette audience laisse déjà entrevoir les ambitions du chef de l’État, qui souhaiterait briguer un second mandat. Craignant que l’application stricte de la ligne du parti Pastef, fondée sur la reddition des comptes et la transparence, ne soit risquée car elle impliquerait d’examiner la gestion du régime passé, d’en exposer les failles et d’engager des poursuites judiciaires, Bassirou Diomaye Faye a fait marche arrière sur certaines de ses promesses électorales. Aucune poursuite significative n’a véritablement été engagée, et celles qui l’ont été n’ont pas abouti.
Certains observateurs estiment qu’il est difficile, voire impossible, de poursuivre des leaders politiques accusés de crimes tout en cherchant à obtenir leur soutien. Le président semble ainsi avoir opté pour la seconde option, conscient qu’il ne bénéficierait pas du soutien de Pastef et de ses partisans, dont la principale référence demeure Ousmane Sonko.
En recevant Amadou Ba, qu’il présentait auparavant comme un contre-modèle en matière de gestion de l’État, Diomaye Faye franchit une étape vers la mise en place d’une coalition baptisée « Diomaye Président ». De nombreux responsables politiques pourraient ne pas avoir d’autre choix que de s’y rallier, certains étant déjà épinglés par des rapports liés à leur gestion passée. Ces documents constitueraient ainsi une véritable épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes, que le pouvoir pourrait utiliser à sa guise.
Cette audience ne serait qu’un palier supplémentaire dans une stratégie plus large. La célébration du centenaire de Abdoulaye Wade s’inscrirait également dans cette dynamique. Le président chercherait à fédérer une large coalition pour faire face à Pastef lors des prochaines élections.
Dans ce contexte très tendu, l’affaire « Sweet Beauté », liée aux accusations de viol portées par Adji Sarr contre Ousmane Sonko, a refait surface. Le propriétaire du salon Sweet Beauté, poursuivi pour proxénétisme, a affirmé avoir reçu de l’argent de la part du frère du président, qui l’aurait aidé à se rendre au Maroc pour des soins.
Par ailleurs, dans un passé récent, le député Cheikh Bara Ndiaye avait déjà soutenu que les frères du président comploteraient pour discréditer Ousmane Sonko.
De son côté, Ousmane Sonko a restructuré son parti en vue des prochaines échéances électorales, qui s’annoncent comme un véritable référendum. Bassirou Diomaye Faye, qui n’avait jamais remporté d’élection avant d’être porté par Pastef à la magistrature suprême, parviendra-t-il, pour la première fois, à s’imposer à travers la coalition « Diomaye Président » ?
André TV-A
